SELIS : partager et exploiter l’information pour mieux transporter

SELIS, c’est quoi ?
SELIS est un projet du programme européen ‘Horizon 2020’. Il fédère trente-huit partenaires. Objectif : poursuivre le travail réalisé par les projets Core et Cassandra pour l’amélioration de la qualité des informations et la création d’un environnement dans lequel les plateformes de communication échangent sans entrave.

Le projet SELIS possède aussi un volet Green logistics destiné à réduire les émissions de CO2 en renforçant l’efficacité des chaînes logistiques.

SELIS est organisé en huit laboratoires d’expérimentation** (ou nodes) qui regroupent les principales communautés de la chaîne d’approvisionnement : administration, transport maritime, transport aérien et hinterland.

En quoi consiste le Living Lab 7 auquel Conex et MGI participent ?
Le Living Lab 7*** est un laboratoire des Customs SELIS Communities, et sa mission consiste à se connecter avec toutes les autorités et les agences gouvernementales, notamment la Douane, les organismes véto-phytosanitaires et toutes les structures impliquées dans le contrôle de la marchandise. C’est la vision des autorités dans la chaîne d’approvisionnement.

Pour acquérir les informations à la source, il faut créer des pipelines (ou tuyaux) afin que le message électronique puisse se construire en même temps que la marchandise poursuit son chemin dans la chaîne d’approvisionnement. À chaque fois qu’un message lié à la marchandise est envoyé, nous entrons les données additionnelles dans les tuyaux sans pour autant renvoyer des informations déjà renseignées. Ces éléments sont communiqués aux opérateurs qui en ont besoin et qui viennent par la suite enrichir le tuyau de leurs informations pour les prochaines étapes et pour les autres professionnels, tout en s’assurant de la confidentialité et la sécurité des échanges.

Pour cela, nous allons construire trois pipelines : logistique, commercial et réglementaire. Il est nécessaire de dissocier ces pipelines car au-delà des huit visions de la chaîne d’approvisionnement représentées par les nodes, il y a aussi deux grandes visions : commerciale (achat, vente et financier) et logistique (mouvement des marchandises). Plusieurs scenarii de commandes commerciales sont possibles : soit plusieurs commandes regroupées dans une seule unité logistique comme c’est le cas pour le groupage, avec une relation de multiple à multiple, ou bien une seule commande pour une seule entité. C’est la raison pour laquelle nous allons définir deux modèles afin de répondre à cette complexité. Et la troisième vision est le regard réglementaire qui est un Snapshot de la transaction, c’est-à-dire ce qui correspondrait à une déclaration vers les autorités, indépendamment de la complexité des mouvements sur la chaîne d’approvisionnement.

Qu’apportera SELIS au commerce international ?
Les bénéfices seront directement perceptibles tant pour la chaîne d’approvisionnement qu’en termes de réduction des émissions de dioxyde de carbone.

SELIS veut repenser les procédures, trouver comment partager les données entre acteurs, et améliorer l’information en la captant à la source. Un des points forts de SELIS, c’est qu’il se base sur les standards internationaux CEFACT-ONU.

Ces modèles de pipeline sont élaborés avec le Core Component Library du CEFACT-ONU. Nous allons comparer ce modèle SELIS avec les besoins d’autres états – Japon, États-Unis ou Nigéria, et ailleurs – afin de vérifier que nous disposons de toutes les informations nécessaires pour tous les pays. Nous proposerons à travers CEFACT-ONU un standard international. Il pourra être utilisé gracieusement par les chargeurs, les transitaires et les autres professionnels.

Où en est le projet ?
Le projet SELIS se déroule sur trois ans. Nous en sommes à six mois. Pour le Living Lab 7, Conex et ses partenaires – dont MGI – ont terminé les modèles des trois pipelines. Nous sommes actuellement en phase de test.

Nous avons rouvert le vieux dossier de l’UCR (Unique Consignment Reference) ou RUE en français (Référence Unique de l’Envoi) ; ce numéro est enregistré à l’Organisation Mondiale des Douanes, mais il n’existe pas de méthode claire pour le générer. Nous allons donc définir un UCR qui fera le lien entre les trois pipelines logistique, commercial et réglementaire afin que ce numéro accompagne tous les messages. Ainsi, que l’opérateur soit en Chine, au Cameroun ou dans un autre pays, la même méthode de génération du numéro sera appliquée.

Les partenaires du LL7 et notamment Conex, travaillent avec les autres laboratoires, par exemple avec le port de Rotterdam dans le LL6 pour la vision portuaire, ou avec le Danemark dans le LL2 pour tester le modèle du point de vue de l’hinterland. Et en ce moment, MGI élabore un cas d’usage pour évaluer le modèle sur un corridor Israël-France.

Au terme des trois ans du projet, nous espérons avoir un modèle qui sera adoptable par un plus grand nombre et qui permettrait un échange d’informations fluide, toute en assurant un bon niveau de qualité des informations puisque récupérés depuis leurs sources. Ce qu’il faut du projet SELIS, standardisation et qualité de l’information pour une chaine d’approvisionnement plus efficace.

MGI